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Déclaration de Politique Sociale 2019-2024
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Déclaration de Politique Sociale 2019-2024

Législature 2019-2024 – Déclaration de Politique Sociale

 

 

 

CPAS de Profondeville

Législature 2019-2024 – Déclaration de Politique Sociale

 

1.    Préambule

 

Suite aux élections du 14 octobre 2018, le nouveau Conseil de l’Action Sociale de Profondeville a été installé le 7 janvier 2019. Pour cette législature 2019-2024, la nouvelle majorité en place (MICS-ECOLO-PS) a élaboré une Déclaration de Politique Sociale. Celle-ci reprend les objectifs généraux de politique sociale ainsi qu’une méthode de gestion des services, au sein même du CPAS, et en synergie avec la commune. Elle s’inscrit dans un contexte socio-économique dans lequel le CPAS est un acteur incontournable.

16% de la population belge en risque de pauvreté monétaire, 1% de la population mondiale en possession de 99% des richesses mondiales, un enfant sur quatre grandissant dans la pauvreté en Wallonie. Ces quelques chiffres interpellent et ne peuvent laisser indifférents. « Tout le monde le sait, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent » chantait Léonard Cohen. En faire le constat ne suffit pas, il faut agir.

Les statistiques du chômage sont en baisse, les dépenses des CPAS explosent… Dans notre société à deux vitesses, l’écart se creuse entre les plus nantis et les personnes à revenus faibles ou modestes, qui éprouvent toujours plus de difficultés à maintenir un budget en positif. On peut y voir un problème de société (« J’accuse » dit le chanteur français Saez) qui tente de multiplier nos besoins et de nous faire acheter un tas de choses superflues et inutiles. Surconsommation, gaspillage, « malbouffe », immédiateté, endettement, matérialisme, … il est très facile de se laisser envahir par tous ces phénomènes modernes, et d’en oublier l’essentiel, qu’il faut d’abord se loger, se nourrir, se vêtir, que tout ne s’achète pas, que les possessions matérielles et la course au toujours plus ne sont pas un critère absolu de bien-être et de dignité.

On peut y voir aussi un manque de mesures politiques, sociales notamment, des priorités fédérales et régionales mises au mauvais endroit et des budgets trop faibles pour l’aide sociale, le logement, l’éducation. Il y a clairement un transfert de la solidarité fédérale vers les institutions locales, en l’occurrence les CPAS. Et c’est là toute l’importance du rôle que nous avons à jouer. Permettre à chacun de mener une vie conforme à la dignité humaine. Se recentrer sur l’essentiel et aller à contresens de tout ce qui nous incite à surconsommer. Se libérer d’une logique de surproduction et de profit, mettre l’humain au centre de nos préoccupations et de nos actions.

Quand toutes les portes se sont fermées, celle du CPAS reste ouverte. Chacun y trouve accueil et écoute, aide et orientation, empathie et équité. Nous voulons poursuivre dans cette voie au cours de cette législature. Nous voulons maintenir les services proposés, développer en priorité ceux qui permettent de retrouver ce droit à la dignité, favoriser la réinsertion au départ d’un projet personnel, permettre l’accès à un logement décent et à loyer abordable, encourager l’accès à une alimentation saine, locale, et de saison, permettre aux personnes âgées de rester chez elles aussi longtemps qu’elles le souhaitent, accompagner chaque demandeur dans la recherche de solutions à ses difficultés.

La politique sociale du CPAS de Profondeville s’articulera autour de valeurs d’équité et d’humanité, selon différents axes, et conformément au Programme de Politique Générale arrêtée par le collège. Pour mener à bien cette politique sociale, il faudra veiller à une collaboration à différents niveaux : entre les membres du Conseil de l’Action Sociale, et entre le politique et l’administration, et entre le CPAS et la commune.

 

2.    Les services


D’une manière générale, le CPAS de Profondeville vise le maintien des services existants. Il sera, en outre, attentif à répondre aux besoins de la population en difficulté, et en particulier des plus démunis, via éventuellement la création de nouveaux services et/ou ateliers et/ou partenariats, ou via la réorganisation d’un service existant afin de l’adapter au mieux aux besoins définis. Tout en veillant à la bonne gestion du budget et à une bonne maîtrise de l’évolution de la part communale, la réflexion sera basée sur le bénéfice humain d’abord.

L’activité de certains services dépend cependant de pouvoirs supérieurs et amènera peut-être le CPAS à des adaptations suite à des décisions sur lesquelles il n’a pas de prise.

Durant cette législature l’accent sera mis également sur une meilleure information quant aux services proposés par le CPAS de Profondeville, ses actions, et le travail effectué par les agents et les mandataires.

Enfin, certains services fonctionnent déjà avec des partenariats. Dans la mesure du possible, ceux-ci doivent être maintenus, voire renforcés, et l’opportunité de conclure de nouveaux partenariats sera étudiée, dans le but d’améliorer l’accompagnement et de renforcer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

 

L’aide sociale

 

En première ligne pour répondre aux demandes d’aide, le service d’aide individuelle reçoit les demandeurs, leur fournit les informations nécessaires à leurs démarches, les accompagne dans ces démarches, instruit les dossiers et procède aux enquêtes sociales préalables aux décisions.  Le Revenu d’Intégration Sociale est accordé selon les règles en vigueur, le montant diffère selon la situation du bénéficiaire, et un Projet Individuel d’Intégration Sociale est rédigé avec le bénéficiaire et sur base de son projet personnel.

 

Objectifs :

  • Maintenir la qualité de l’accueil et du service dans l’accompagnement des personnes en demande et dans l’octroi de l’aide aux personnes précarisées ;
  • Continuer à faire preuve d’équité dans l’octroi des aides, et répondre à la mission principale d’un CPAS, à savoir que chacun puisse mener une vie conforme à la dignité humaine ;
  • Porter une attention particulière aux personnes les plus fragiles et les plus démunies.

 

L’insertion professionnelle

 

Renforcé en 2015 suite à de nouvelles mesures mises en place par l’Onem, ce service joue un rôle important et efficace dans le parcours des bénéficiaires vers la (re)mise à l’emploi, via l’article 60 ou 61, toujours en partant du projet de la personne.

 

Objectifs :

  • Maintenir et développer les ateliers de réinsertion socio-professionnelle dans une logique émancipatrice ;
  • Poursuivre le travail d’accompagnement, permettant notamment aux bénéficiaires d’obtenir un contrat de travail en vertu de l’article 60 ou 61 ;
  • Chercher de nouveaux partenaires sur le territoire communal pour les mises à l’emploi.

 

L’insertion sociale

 

La participation à des activités sociales, culturelles, et sportives, est un levier d’insertion et de rencontre. Il est important d’utiliser les différentes formes d’aides de manière efficiente.

 

Objectifs :

  • Poursuivre et développer les projets d’insertion sociale et culturelle ;
  • Mettre en place des projets qui créent du lien social et intergénérationnel ;
  • S’appuyer sur des initiatives existantes et sur des journées à thème, en collaboration avec les écoles, associations et clubs ;
  • Organiser des actions de sensibilisation avec comme objectif la lutte contre toute forme de discrimination et la déconstruction de préjugés ;
  • Maintenir les partenariats existants et chercher à en développer de nouveaux.

 

Le logement

 

L’accès au logement est un problème crucial dans la commune de Profondeville : manque de logements, pénurie de logements à loyer modéré, insalubrité de certains logements privés, loyers trop élevés au regard du budget des familles. De nombreux dispositifs et aides existent déjà au CPAS, comme par exemple la constitution de la garantie locative, l’avance du premier mois de loyer, l’octroi de la prime d’installation, la mise à disposition de logements de transit et d’insertion, l’accompagnement dans la recherche d’un logement, des partenariats avec le Foyer Namurois et l’Agence Immobilière Sociale.

 

Objectifs :

  • Poursuivre la collaboration avec le Foyer Namurois et l’Agence immobilière sociale (AIS) et maintenir la prime communale pour les propriétaires qui mettent leur bien en gestion ;
  • En synergie avec la commune, chercher à accroître l’offre de logements accessibles aux ménages à revenus modestes ;
  • Dégager de nouvelles solutions de logement au profit de notre public cible ;
  • En synergie avec la commune, remettre dans le circuit locatif, en collaboration avec les propriétaires, des logements inoccupés ;
  • En synergie avec la commune, encourager l’émergence de logements intergénérationnels et l’habitat alternatif.

 

Le maintien à domicile

 

Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses et souhaitent rester le plus longtemps possible à la maison. Il est donc important de proposer des services adaptés à cette tranche de la population, comme c’est déjà le cas, via, en interne, le service des aide-ménagères et le taxi social, et via des partenariats pour les aides familiales et la livraison de repas chauds à domicile.

 

Objectifs :

  • Maintenir, développer, et évaluer régulièrement les partenariats existants avec les services d’aide familiale et d’aide à l’éducation ;
  • Consulter les aînés en vue d’établir un relevé de leurs préoccupations et besoins, et essayer de mettre en place les services adéquats pour y répondre, en poursuivant le développement efficace des services existants pour le maintien à domicile ;
  • Permettre le retour au domicile et un accompagnement après une hospitalisation, une maladie, un handicap ;
  • Analyser le fonctionnement du système actuel interne, le moderniser et le rendre plus efficient, via les partenariats actuels et/ou de nouveaux ;
  • Chercher à proposer une meilleure offre pour les déplacements entre les villages et concernant les transports en commun actifs sur le territoire communal.

 

L’accueil de la petite enfance

 

La qualité de l’accueil est reconnue et appréciée au sein des deux maisons d’enfants gérées par le CPAS

 

Objectifs :

  • Maintenir la qualité de l’accueil et du service dans les maisons d’enfants gérées par le CPAS ;
  • Poursuivre la collaboration avec l’ONE et envisager de nouveaux partenariats pour développer l’offre d’accueil de la petite enfance ;
  • Chercher à offrir et soutenir des formes innovantes d’accueil des enfants.

 

L’accueil des demandeurs d’asile

 

Ce service dépend des décisions prises par le gouvernement fédéral et fonctionne avec des subventions en fonction de l’occupation des places. Profondeville s’est déclarée « commune hospitalière » et souhaite apporter sa contribution à l’accueil des migrants.

 

Objectifs :

  • Maintenir l’accueil subventionné par Fedasil ;
  • En collaboration avec la commune, soutenir les initiatives en faveur de l’accueil des demandeurs d’asile.

 

Le potager de la Hulle

 

Dans une commune semi-rurale comme Profondeville et alors qu’il est scientifiquement prouvé qu’une alimentation saine est fondamentale pour le développement et la santé de tous et en particulier des enfants, le potager de la Hulle a toute sa place et répond en partie à cette nécessité, en fournissant aux cantines scolaires des légumes cultivés sans pesticide. Le potager est également un lieu où se déroulent des ateliers didactiques en collaboration avec l’accueil temps libre de la commune, et un lieu où les écoles se rendent en visite pour découvrir le maraîchage et les animaux. Enfin, le potager emploie régulièrement des personnes remises au travail en vertu de l’article 60.

 

Objectifs :

  • Poursuivre et développer la collaboration avec les cantines scolaires pour la fourniture des légumes et pour l’organisation d’ateliers didactiques au cours des saisons ;
  • En collaboration avec la commune, développer l’offre d’activités sur le site du potager, du verger, et de la ferme ;
  • Valoriser la culture et le maraîchage réalisé au potager ;
  • Continuer à encadrer des travailleurs engagés en vertu de l’article 60.

 

L’Eté Indien

 

Le concept de seconde main est très actuel et permet de lutter contre le gaspillage et la surconsommation. Les vêtements proposés au magasin sont à prix abordables, ce qui permet également aux utilisateurs de réduire le budget habillement. Le magasin est également un lieu d’insertion professionnelle, employant régulièrement des personnes en vertu de l’article 60.

 

Objectifs :

  • Poursuivre et mettre en valeur le concept de seconde main ;
  • Chercher à réduire les coûts de fonctionnement liés au bâtiment ;
  • Continuer à encadrer des travailleurs engagés en vertu de l’article 60.

 

La guidance énergétique

 

Les factures énergétiques pèsent souvent trop lourd dans le budget des familles, et en particulier lorsque les revenus sont faibles. Il existe des pistes pour aider la population à réduire sa consommation énergétique et à consommer autrement : le Plan d’Action Préventive en matière d’Energie, les allocations de chauffage, le travail de terrain du tuteur énergie, le Fonds Energie.

 

Objectifs :

  • Poursuivre une politique d’accompagnement des citoyens dans la réduction de leur facture énergétique ;
  • Solliciter l’éco-passeur et le tuteur énergie pour l’organisation d’actions concrètes sur le thème de la consommation énergétique ;
  • En synergie avec la commune, prévoir un plan de communication et de sensibilisation, et une participation active des citoyens, écoles, associations et clubs.

 

La médiation de dettes

 

Un premier problème est que la société actuelle appelle à la (sur)consommation et au gaspillage. Un nombre croissant de personnes s’endettent alors pour s’offrir des biens superflus. Un autre problème réside dans le fait que beaucoup de personnes ne sont que peu ou pas armées pour faire face à la gestion d’un budget. D’où l’importance d’une guidance budgétaire et/ou d’un accompagnement pour sortir de l’endettement.

 

Objectifs :

  • Poursuivre et évaluer régulièrement la collaboration existante en la matière ;
  •  Organiser des ateliers et des activités de sensibilisation au coût de la vie et à la gestion budgétaire.

 

 

3.    Les synergies

 

  • Maintenir les synergies existantes : Comité de concertation, projet « Eté solidaire », mise à disposition de personnel, ateliers d’insertion sociale, conclusion de marchés publics communs, maîtrise des flux financiers entre les deux institutions, potager de la Hulle et écoles, mise à disposition de bâtiments et de salles, travaux, … ;
  • Proposer des pistes pour réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux et du CPAS ;
  • Privilégier les fournisseurs d’énergie verte ;
  • Faire appel en priorité aux expertises internes avant de se tourner vers l’extérieur ;
  • Développer une gestion administrative du personnel commune : actualiser les statuts administratifs et pécuniaires, le règlement de travail, les profils de fonction, les critères objectifs d’évaluation, ... ;
  • Développer des pratiques RH communes ;
  • Réfléchir aux avantages et inconvénients de rester affilié à certaines intercommunales en fonction de ce qu’elles apportent réellement aux institutions et aux coûts qui sont générés ;
  • Réfléchir à la réorganisation des repas scolaires, pour une alimentation plus locale, saine, et de saison ;
  • Mener une réflexion commune concernant les décisions de nominations et d’amélioration du statut contractuel parallèlement aux solutions de financement des pensions ;
  • Analyser de manière commune et au préalable les marchés en cours ou en préparation afin de décider de l’opportunité de poursuivre ou de lancer des marchés en commun ;
  • Améliorer la diffusion des informations envers le citoyen ;
  • Veiller au travers des Directions générales à objectiver la charge de travail et à établir les profils de compétences au sein de chaque service en vue d’apporter les adaptations structurelles nécessaires pour une meilleure efficacité et un renforcement des services au public ;
  • Intensifier les rencontres et les échanges entre les deux administrations, notamment via la mise en œuvre d’un CODIR commun.

 

 

 

4.    La gestion

 

En matière de personnel

 

  •  Assurer le bien-être au travail, notamment en offrant un cadre de travail adapté ;
  • Poursuivre la mise en œuvre d’un système d’évaluation généralisé ;
  •  Avoir à disposition une mise à jour du personnel en place ;
  • Poursuivre le renforcement de l’expertise notamment via des formations et le recrutement du personnel nécessaire. 

 

En matière d’administration

 

  • Analyser et actualiser le fonctionnement des organes délibérants ;
  • Renforcer la communication interne et externe, les échanges, et l’information, et la gestion administrative ;
  • Valoriser l’image du CPAS.

 

En matière de budget

 

  • Poursuivre une gestion rigoureuse et responsable des moyens disponibles tout en réfléchissant en termes de « bénéfice humain » ;
  • Attirer l’attention des autorités supérieures sur toute décision qui aurait un impact préjudiciable sur les finances du CPAS ;
  • Etablir une projection budgétaire pluriannuelle comprenant des paramètres « sur mesure » ;
  • Maintenir les subventions existantes et développer une stratégie de recherche systématique de subventions, subsides, et autres aides financières à disposition du CPAS ;
  • Disposer de statistiques relatives aux coûts et à l’utilisation des services ;
  • Veiller à limiter les dépenses de fonctionnement.

 

 

5.    Conclusion

 

Dans un contexte socio-économique difficile pour un nombre croissant de personnes, dans une société où l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser, et devant faire face à certaines décisions défavorables des autorités supérieures, le CPAS de Profondeville restera en permanence vigilant pour pouvoir répondre à sa mission de base, à savoir assurer à toute personne qui s’adresse au CPAS une réponse concrète lui permettant de mener une vie « conforme à la dignité humaine ». Le CPAS de Profondeville veillera également à ce que chaque personne puisse participer à un vivre ensemble harmonieux dans une optique de justice sociale et d’équité.

Les objectifs repris dans cette Déclaration de Politique Sociale seront déclinés en actions concrètes définies dans un Programme Stratégique Transversal, qui fera, en cours de mandature, l’objet d’évaluations régulières et d’éventuelles adaptations, en fonction des décisions qui seront prises sur base des moyens budgétaires, financiers et humains disponibles, et des orientations émanant des instances supérieures et des subventions obtenues.

 

 

 

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